Voyager sans gluten

Par 
Laurence Chapdelaine

Jeune, j’avais des allergies alimentaires multiples. Un peu plus tard, au cégep, je me suis mise à me sentir mal physiquement, à être fatiguée et à souffrir de différents malaises gastro-intestinaux. Après investigation, on m’a appris que j’avais la maladie cœliaque, et que je devais retirer le gluten de mon alimentation de façon stricte et pour la vie. Même une toute petite trace de gluten, invisible à l’œil nu, pouvait me rendre très malade. 

Moi qui adore voyager, disons que ça m’a forcée à revoir mon plan de match…

Amoureuse de la cuisine et de la bonne bouffe, je me suis vite rendu compte que la maladie cœliaque impliquait de suivre un régime très strict et qu’elle compliquait les choses dès qu’il était question de manger à l’extérieur de chez soi, que ce soit sur le pouce ou au restaurant. Alors, quand je planifie un voyage, au Québec ou ailleurs, j’ai tout un travail à faire en amont pour que les choses se passent bien!

BIEN CHOISIR MES DESTINATIONS

Beaucoup de gens partent en voyage pour manger, explorer, boire… Moi, j’ai dû me trouver d’autres centres d’intérêt: l’architecture, la culture, et surtout, le plein air… Quand je fais en plus des découvertes culinaires sans gluten sur place, eh bien, je le prends comme du bonus!

Plusieurs pays d’Europe sont pionniers en matière de restaurants et de boutiques sans gluten. En Grèce ou au Portugal, par exemple, il est facile de manger sans gluten puisque la cuisine locale fait une large place aux poissons, aux fruits et aux légumes. Au Japon, c’est plus compliqué, car la sauce soya (qui contient du blé!), les nouilles ramen (faites avec du blé!) et le tempura (à base de farine de blé!) sont sur presque toutes les tables.

CÔTÉ TECHNO

Avant de partir, je me renseigne sur les plats typiques de la région que j’ai l’intention de visiter. Je fais aussi une recherche sur Internet avec le nom de la destination accompagné du mot-clé «gluten free». Je note des idées de restos et d’épiceries, pour ensuite faire une recherche plus approfondie sur chaque endroit.

J’enregistre aussi mes coups de cœur sur Google Maps. Comme ça, à l’arrivée, je peux ouvrir mon application et voir les différentes options qui se trouvent à proximité. Ça a un côté sécurisant, car après une grosse journée à visiter, je n’ai pas toujours le goût de me casser la tête.

Pour faciliter la lecture des étiquettes, je prends aussi le temps de mémoriser les mots qui désignent le blé et le gluten dans la langue du pays.

Si j’ai plus de temps et plus d’énergie, je prends plaisir à faire des découvertes sur place. Un de mes trucs pour informer les serveurs à propos de la maladie est de faire une capture d’écran de sa description, dans la langue du pays, sur mon téléphone. Pour ce faire, j’utilise ce site.

DANS LES AIRS

Comme je ne peux pas manger les collations et les repas servis en vol, je me cuisine un pain aux bananes super nourrissant (pour le déjeuner d’un vol de nuit) et un sandwich (pour le souper). Il est toutefois prudent de contacter la compagnie aérienne pour s’assurer qu’on peut apporter son propre lunch à bord de l’avion! On peut aussi faire une recherche pour vérifier si l’aéroport offre des options sans gluten: on pourra alors manger avant l’embarquement.

DANS MA VALISE

Pour avoir l’esprit plus léger, ça me prend quelques éléments de base. J’apporte toujours des sachets de gruau sans gluten (le déjeuner étant souvent le repas le plus problématique) et un pain de marque Shär. Comme il est emballé sous vide, ce pain résiste bien au transport. Il est aussi parmi les rares pains qui ont une bonne texture même s’il n’est pas grillé: parfait pour faire des sandwichs pour le dîner! Finalement, j’apporte aussi des toastabags qui servent à griller le pain, sans risque de contamination par le grille-pain, ainsi qu’un mélange de noix pour des collations rapides.

VIVE LES PIQUE-NIQUES!

Un petit couteau et des blocs réfrigérants font aussi partie des essentiels, car les dîners se font souvent sous forme de pique-niques (fromage, fruits, noix, crudités, olives, charcuteries sans gluten, poisson en conserve, etc.). Cette formule me permet de visiter les marchés et les parcs, de manger à faible coût et d’éviter les risques de contamination.

ET AUSSI…

Les ressources que j’utilise sont sur le site de la fédération québécoise de la maladie cœliaque dans la section «Voyager sans gluten». On y trouve aussi les liens vers les organismes sans gluten à travers le monde.

Sur ce, bon voyage!

Propos recueillis par Kathia Gailer

Laurence Chapdelaine est nutritionniste, enseignante au cégep Édouard-Montpetit