Le marché de Saint-Pétersbourg

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Stéphane Collin

Premier constat lorsqu’on met les pieds en Russie, surtout dans une grande ville comme Saint-Pétersbourg: la Russie s’est vraiment américanisée. On trouve les mêmes boutiques comme GAP et H&M, les mêmes chaînes de restos comme McDo et Subway, les mêmes grandes marques. Alors que l’URSS avait évolué en parallèle du reste de la planète avec ses cosmonautes et ses Lada, maintenant, la Russie se rattrape à la vitesse grand V. La jeunesse russe est folle de tout ce qui est «Made in USA». Ça m’a vraiment marquée!

À Saint-Pétersbourg, il faut donc absolument sortir des grandes artères, comme l’avenue Nevski, bondée de touristes, et s’enfoncer dans les quartiers ouvriers ou encore chercher un marché. Vous ne serez pas surpris, j’ai choisi le marché.

Je me suis donc aventurée dans le marché Kouznetchny situé dans le quartier Dostoïevski, au cœur de Saint-Pétersbourg.

Aux abords du marché, des femmes s’alignent pour y vendre quelques produits récoltés dans leur petit potager. Les écarts de richesse sont importants en Russie. Ces dames, qui n’ont parfois qu’un bouquet d’aneth et quelques œufs à vendre, ne l’ont pas facile.

Leur commerce est «illégal». Dès qu’elles aperçoivent un policier au loin, elles plient bagage illico. C’est assez impressionnant de les voir s’enfuir et revenir après quelques minutes alors que le gendarme n’est plus à la vue. Elles peuvent faire ce va-et-vient plusieurs fois par jour… tout ça pour seulement quelques roubles.

À l’intérieur du marché, il y a les commerçants accrédités qui vendent leurs récoltes. Parfois, ce ne sont que des petits fruits, d’autres fois, des champignons. On parle de très petits, voire microproducteurs.

Les Russes sont friands de cornichons marinés de toutes sortes. À l’aneth, à la moutarde, fermentés, au vinaigre, à l’ail… J’ai eu beaucoup de plaisir à les déguster tous.

Ils aiment aussi beaucoup l’ail mariné, mais, je vous le confirme, c’est assez catastrophique pour l’haleine!

Au marché, les gens sont très sympathiques et souriants, contrairement à l’image froide et sévère qu’on peut se faire de ce peuple.

À un moment donné, un marchand s’est mis à me jaser ça. J’avais beau essayer de lui faire comprendre que je ne comprenais pas le russe, il poursuivait sa grande conversation passionnée… Peut-être aussi qu’il me criait des bêtises, je n’en sais rien! Mais avec son ton amical et son regard souriant, j’ose croire qu’il avait quelque chose de sympa à me raconter ce jour-là! Aucune idée, mais j’ai quand même acheté ses groseilles. Si c’est une technique de vente russe… ça fonctionne!