Les marchés du Sénégal

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Geneviève O'Gleman

En voyage, je ne rate aucune occasion de visiter un marché. J’ai beau en avoir visité cinq ou six dans le pays que je visite, si un septième se pointe, j’irai m’y balader sans hésiter. Mes partenaires de voyage sont avisés, j’arrête dans tous les marchés. Je suis même prête à faire des détours et à sacrifier d’autres visites pour découvrir un nouveau marché. Et, comme plusieurs villes n’ont pas de marché en continu, j’organise mon itinéraire pour attraper le jour du marché hebdomadaire. Ils sont tous uniques, ils méritent tous qu’on s’y attarde. Voici mes plus beaux souvenirs des marchés croisés lors de mon voyage au Sénégal.

Dans les marchés d’Amérique du Nord et d’Europe, tout est toujours déposé sur des tables. Au Sénégal, comme dans plusieurs pays d’Afrique, les aliments sont plutôt placés sur une couverture à même le sol. C’est comme ça aussi en Amérique centrale. On voit les aliments sous un autre angle. Et on doit s’accroupir pour jaser avec le marchand ou examiner les légumes. Ça fait partie de l’expérience.

On trouve beaucoup de légumineuses séchées et de grains de toutes sortes dans les marchés du Sénégal. Le pays est également un grand producteur d’arachides. J’en ai bien profité, elles étaient délicieuses.

Les Sénégalais utilisent les plantes et les arbres pour se soigner. Chaque bois possède son utilité et ses propriétés. Les bâtons fins et foncés dans le panier (voir la photo) se nomment «Sothiou» en wolof (la langue parlée au Sénégal) et servent de brosse à dents. Ils les mâchouillent toute la journée et ont de belles dents bien blanches, à rendre jaloux.

Les noix de kola sont chiquées comme de la gomme à mâcher. Très amères, elles ont des propriétés stimulantes et antidépressives. Ce «Prozac» sénégalais est offert comme cadeau de mariage… drôle d’idée n’est-ce pas?

Les noix de kola, un antidépresseur naturel

Les fleurs rouges dans le gros panier, ce sont des fleurs d’hibiscus séchées que les Sénégalais infusent dans l’eau bouillante. Ils ajoutent du sucre et de la menthe et, une fois le liquide filtré, vous avez la recette du jus de bissap, un incontournable de la cuisine africaine. Acidulé et rafraîchissant, j’ai adoré! J’en ai bu chaque jour pendant mon voyage.

Le «pain de singe», c’est le fruit du baobab, ces immenses arbres plusieurs fois centenaires. La pulpe de ce fruit est utilisée pour produire le jus de bouye, un liquide blanchâtre pouvant soigner la diarrhée. Bon à savoir. Heureusement j’ai été épargnée… c’est toujours la crainte lorsqu’on se rend en Afrique. Pourtant, de mes quatre voyages en Afrique, je n’ai jamais été malade, mes amis ou ma famille non plus.

À Dakar, les marchés sont mieux structurés, et les marchands disposent de tables et d’un toit, mais oubliez la glace. Les viandes et les poissons sont déposés directement sur des tables, même s’il fait chaud, très chaud. Vous auriez dû me voir la face lorsque Kiné, une amie sénégalaise qui m’a accueillie dans sa famille, a choisi un morceau de viande couvert de mouches pour rapporter à la maison. Je n’ai rien dit et j’ai tenté de camoufler ma réaction du mieux que je pouvais. Je l’ai suivie pendant toutes ses emplettes, en laissant de côté mes préjugés. Arrivées à la maison, on l’a cuisiné, c’était délicieux; j’ai vite oublié les mouches et je n’ai pas été malade. Sapristi préjugés…

Le pain de singe, fruit du baobab