Une pause gourmande en Martinique

Par 
Catherine Gravel
Photos 
Maude Chauvin

Lorsque Geneviève m’a annoncé qu’elle nous envoyait, Maude et moi, en voyage en Martinique, je n’y ai d’abord pas cru. Mais Geneviève ne blague jamais avec les voyages. Je m’en allais réellement en Martinique. Avec ma grande amie en plus. «Reposez-vous» qu’elle nous a dit. «Prenez de belles photos, régalez-vous, mais, surtout, reposez-vous!»

C’est exactement ce qu’on a fait. On s’est reposées.

Découvrir la Martinique, c’est vraiment simple, facile, surtout que, le rythme des Antilles, on le prendrait à l’année longue! Cette lenteur, il faut s’y habituer au début, on s’impatiente un peu au restaurant, puis on finit par l’intégrer; on se surprend à marcher tellement lentement, nous aussi. On observe les gens vivre, on reste longtemps à regarder la mer et on réalise qu’on ne pense à rien, mais à RIEN d’autre!

Les Martiniquais sont particulièrement sympathiques. Leur sourire, leur joie de vivre, leur créole coloré où tout est petit, ti-café, ti-punch, ti-pain… Des noms de villes qui font sourire comme Gros Raisin (tiens, quelque chose de gros en Martinique!), Ajoupa-bouillon, Le Robert… Des routes étroites, et si belles. Tout est facile. Et reposant.

On nous avait dit que c’était la France, donc qu’on y mangeait particulièrement bien. On a bien reconnu la France avec les croissants et les très bons cafés au lait le matin. On a bien reconnu la France parce que pratiquement tous les touristes que nous avons croisés étaient Français… Mais on a surtout mangé créole, beaucoup plus que «français». Du poulet colombo (un poulet en sauce aux épices rappelant les saveurs indiennes, super goûteux), des acras de morue à tous les coins de rue, du poulet boucané (mon préf’), qui «boucane» dans un genre de barbecue… Aussi, de merveilleux poissons grillés, si frais, tout simples!

Maude est allergique aux crustacés et partout les gens étaient sensibles à sa condition, nous expliquaient si on pouvait manger les acras ou non, si l’huile avait été utilisée pour frire du crabe ou des crevettes. Jamais on n’a senti qu’on dérangeait. Ils nous ont rassurées, toujours avec le sourire.

Les paysages sont à couper le souffle, le rythme fait décrocher presque instantanément. Il est très facile de prendre son temps pour profiter de la Martinique. Une petite routine toute simple s’installe: avant-midi découverte, après-midi plage, qu’on choisissait différente chaque jour.

C’est la vraie pause dont je rêvais. Merci la Martinique.

Catherine Gravel est la directrice artistique et Maude Chauvin la photographe en chef du magazine Savourer. Elles ont été invitées en Martinique par le Comité martiniquais du Tourisme.